On travaille sur un montage vidéo de plusieurs dizaines de gigaoctets, la deadline approche, et le client attend les rushes pour validation. Le cloud habituel plafonne, la boîte mail refuse les pièces jointes, et WeTransfer gratuit limite désormais les envois à 3 Go par transfert avec une expiration de 3 jours.
C’est dans ce genre de situation que SwissTransfer entre en jeu, avec ses 50 Go par transfert, sans inscription. La question qui se pose : peut-on aussi s’en servir comme solution de sauvegarde d’appoint pour des projets volumineux ?
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Limite de 50 Go sans compte : ce que ça change pour un envoi de fichiers volumineux
La plupart des services de transfert gratuits imposent soit un plafond bas, soit la création d’un compte. SwissTransfer, développé par Infomaniak, supprime ces deux freins. On dépose jusqu’à 50 Go par transfert, directement depuis le navigateur ou l’application mobile, sans fournir la moindre adresse mail pour s’inscrire.
En pratique, cela couvre la majorité des besoins ponctuels en studio vidéo, en agence de design ou sur un chantier photo. Un dossier de rushes 4K, un export After Effects avec ses dépendances, une archive de fichiers InDesign : tout passe en un seul envoi.
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L’absence d’inscription réduit aussi la friction pour le destinataire. On génère un lien, on l’envoie par mail ou messagerie, et le collaborateur télécharge sans créer de compte. Pour des échanges avec des prestataires externes ou des clients peu technophiles, c’est un gain de temps réel.

SwissTransfer comme sauvegarde temporaire : les limites à connaître
Utiliser SwissTransfer comme une sauvegarde d’appoint, c’est tentant. On envoie un transfert à soi-même, on conserve le lien, et on récupère les fichiers plus tard si le disque dur rend l’âme. Sur le papier, ça fonctionne.
La réalité est plus nuancée. La durée de rétention maximale est de 30 jours. Passé ce délai, les fichiers sont supprimés, sans possibilité de prolongation. Ce n’est pas une sauvegarde pérenne, c’est un filet de sécurité à court terme.
Ce qui fonctionne
- Sauvegarder un projet finalisé en attendant de le copier sur un NAS ou un disque externe, quand on est en déplacement sans matériel
- Conserver un duplicata de fichiers critiques pendant une phase de rendu ou d’export, au cas où la machine plante
- Transmettre une version de travail à un collaborateur tout en gardant le lien comme copie de secours temporaire
Ce qui ne fonctionne pas
- Archiver des projets sur plusieurs mois : l’expiration à 30 jours rend la chose impossible sans manipulation régulière
- Gérer le versioning : chaque envoi crée un lien indépendant, sans historique ni arborescence
- Stocker des données sensibles à long terme : même avec le chiffrement proposé, un service de transfert n’est pas un coffre-fort numérique
On peut compter sur SwissTransfer pour dépanner entre deux sauvegardes « en dur », pas pour remplacer un vrai système de stockage.
Chiffrement et hébergement en Suisse : quel niveau de sécurité pour vos données
L’un des arguments souvent mis en avant par Infomaniak concerne la localisation des données. Les fichiers sont stockés en Suisse, dans des centres de données soumis à la législation fédérale sur la protection des données, plus stricte que le RGPD européen sur certains points.
SwissTransfer propose aussi une option de chiffrement par mot de passe. Le destinataire doit saisir un code pour accéder aux fichiers. C’est un niveau de protection supplémentaire, utile quand on partage des maquettes confidentielles ou des documents contractuels.
Pour autant, il ne s’agit pas de chiffrement de bout en bout au sens strict. Les fichiers transitent par les serveurs d’Infomaniak. Si la confidentialité du projet exige un contrôle total sur le chiffrement, des outils comme Cryptomator appliqués avant l’envoi offrent une couche supplémentaire.
Pour un usage courant en agence ou en freelance, le niveau de sécurité reste largement suffisant. On parle ici d’envois ponctuels, pas de stockage permanent de données médicales ou financières.

SwissTransfer face à WeTransfer et TransferNow : comparatif pour projets lourds
Le choix entre ces services dépend directement du volume et de la fréquence des envois. Voici les différences concrètes sur les offres gratuites :
| Critère | SwissTransfer | WeTransfer (gratuit) | TransferNow (gratuit) |
|---|---|---|---|
| Taille max par transfert | 50 Go | 3 Go | – |
| Inscription requise | Non | – | Non |
| Durée de rétention max | 30 jours | 3 jours | – |
| Hébergement | Suisse | Pays-Bas / USA | – |
| Protection par mot de passe | Oui | Non (réservé au payant) | Oui |
Pour un studio vidéo qui exporte régulièrement des fichiers de plusieurs dizaines de gigaoctets, SwissTransfer est le seul service gratuit qui tient la route sans restriction artificielle. WeTransfer, avec son plafond de 3 Go en version gratuite, ne convient plus pour ce type d’usage.
TransferNow reste une alternative pour des envois plus modestes. Les retours varient sur la vitesse d’upload selon les connexions, mais le service fonctionne bien pour des fichiers de taille raisonnable.
Intégrer SwissTransfer dans un workflow de sauvegarde projet
On ne remplace pas Backblaze, un NAS Synology ou un stockage S3 avec un service de transfert. L’idée est plutôt d’intégrer SwissTransfer comme maillon intermédiaire dans une chaîne de sauvegarde.
Un workflow réaliste pour un projet volumineux ressemble à ceci : les fichiers de travail vivent sur le disque local, une copie synchronisée tourne sur un cloud pro (Google Drive, kDrive d’Infomaniak, etc.), et SwissTransfer sert de copie d’urgence ponctuelle ou de canal de livraison client.
L’avantage de ce positionnement : on ne paie rien pour l’envoi, on ne crée pas de compte supplémentaire, et le lien de téléchargement est autodestructible après la durée choisie. Pour les freelances et les petites structures qui gèrent des livrables lourds sans budget stockage illimité, c’est un complément logique.
Le piège serait de s’y reposer comme unique filet. Un transfert expiré ne se récupère pas. Si le projet doit rester accessible au-delà de 30 jours, il faut prévoir un autre support dès le départ.

